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samedi, octobre 17, 2026

Analyse : Football féminin togolais, jusqu’à quand ?

C’est triste de voir la situation du football féminin au Togo. On a parfois l’impression que cette discipline est oubliée, alors que d’autres pays poursuivent leurs efforts pour développer leurs compétitions et donner davantage de visibilité à leurs joueuses.

Le constat est préoccupant. Il y a trois ans, malgré le retard enregistré dans le démarrage du championnat, la finale de la D1 féminine de la saison 2022-2023 se disputait le 15 octobre 2023. Aujourd’hui, alors que nous sommes déjà à la mi-octobre 2026, l’incertitude autour du démarrage de la prochaine saison soulève de nouvelles interrogations.

Jusqu’à quand le football féminin togolais devra-t-il évoluer dans cette incertitude ? Ce qui interpelle davantage, c’est le manque de communication claire sur la reprise des compétitions. Peu de réactions, peu de débats publics, comme si cette situation était devenue normale. Pourtant, derrière ce calendrier incertain, il y a des clubs qui doivent s’organiser, des entraîneurs qui préparent leurs équipes et des joueuses qui attendent de retrouver les terrains.

Comment voulons-nous faire progresser le football féminin togolais si les compétitions nationales ne sont pas organisées dans des délais raisonnables ?

Le championnat est bien plus qu’une succession de matchs. Il permet aux joueuses de conserver leur rythme, d’améliorer leur niveau, de gagner en expérience et de se préparer aux exigences du football international. Sans une compétition régulière, les efforts consentis à l’entraînement risquent de ne pas produire tous les résultats attendus. Les clubs manquent de visibilité pour planifier leur saison, tandis que les joueuses ont besoin d’échéances concrètes pour continuer à progresser.

Comment espérer rivaliser avec les autres nations si, chez nous, les joueuses passent autant de temps sans compétition officielle ? Le développement du football féminin ne peut pas se limiter aux discours et aux ambitions affichées. Il nécessite une organisation cohérente, un calendrier prévisible et une attention constante aux réalités des clubs et des joueuses.

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La Fédération Togolaise de Football (FTF) doit pouvoir apporter des réponses claires aux interrogations du milieu. Quand la prochaine saison doit-elle commencer ? Quelles dispositions sont prises pour assurer son bon déroulement ? Comment donner aux clubs la visibilité nécessaire pour préparer leurs équipes ? Ces questions ne sont ni secondaires ni excessives. Elles touchent directement à l’avenir de la discipline.

Il ne s’agit pas de nier les éventuelles difficultés auxquelles les organisateurs peuvent être confrontés. Il s’agit plutôt de rappeler que les acteurs du football féminin ont besoin d’informations précises et d’une perspective claire. Le plus inquiétant reste le peu de réactions autour de cette situation. À force de voir les mêmes incertitudes se répéter, le risque est de finir par les considérer comme normales.

Or, le football féminin mérite mieux. Les joueuses méritent un championnat organisé avec davantage de régularité. Les clubs méritent de pouvoir anticiper leurs activités. Et les passionnés ont le droit de savoir quand la compétition reprendra.

Le silence ne règle pas les difficultés. Une communication transparente permet, au contraire, d’expliquer les contraintes, de rassurer les acteurs et de préserver la confiance. Le football féminin togolais ne pourra franchir un cap sans une véritable continuité dans l’organisation de ses compétitions. Le talent des joueuses ne suffit pas à lui seul : il doit pouvoir s’exprimer dans un cadre compétitif régulier.

La question est donc posée à la FTF et à l’ensemble des acteurs concernés : quelle place souhaite-t-on réellement accorder au football féminin dans le développement du football togolais ?

Comment construire des sélections nationales plus compétitives si les joueuses ne disposent pas d’un championnat régulier pour progresser ? À la mi-octobre 2026, l’incertitude entourant le démarrage de la prochaine saison de D1 féminine mérite des éclaircissements. Les joueuses, les clubs et tous ceux qui accompagnent cette discipline ont besoin de visibilité, mais surtout d’actes concrets.

Le football féminin togolais ne peut pas continuer à avancer au rythme de l’incertitude.

Analyse de Gaffar Kondow, Journaliste Sportif.

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