La réflexion récente du professionnel des médias togolais Innocent PATO agit comme un électrochoc. À travers une phrase aussi simple que percutante : « Osons le débat responsable… sinon fermons boutique » il met en lumière un malaise que beaucoup ressentent sans toujours l’exprimer. Le décalage croissant entre les préoccupations du public et le traitement des médias d’État.
Diffuser des communiqués officiels est une fonction, mais ce n’est pas une mission journalistique complète.

Un média public digne de ce nom doit expliquer ce que les citoyens ne comprennent pas, contextualiser ce qui les interpelle, ouvrir un espace de discussion encadrée sur les enjeux d’intérêt général. Sinon, il cesse d’être un média pour devenir un simple canal de communication institutionnelle. Or, l’État a besoin de communication, mais la nation a besoin d’information. Et ce n’est pas la même chose.
Il fut un temps où éviter un sujet sensible permettait d’en limiter l’écho. Ce temps est révolu.
Pour Innocent, Aujourd’hui, les réseaux sociaux débattent, la diaspora analyse et les médias étrangers commentent. Pendant ce temps, le média public, lui, se tait ou se limite à un communiqué. Il laisse le terrain aux interprétations, aux rumeurs et aux narrations extérieures. Le silence n’est pas une stratégie c’est un abandon de terrain.
Il faut oser le dire clairement : un média public qui évite les sujets dont tout le monde parle finit par parler… tout seul.
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C’est là que le malentendu est profond. Inviter un juriste pour expliquer un mécanisme institutionnel, donner la parole à un universitaire pour éclairer un contexte régional, présenter des faits, poser des questions, confronter des analyses…Ce n’est pas de la subversion. C’est du journalisme.
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Le “débat responsable” dont parle Innocent PATO n’est pas un appel à la polémique, mais à la maturité médiatique. Un média public ne doit pas être un ring, mais il ne peut pas non plus être une salle vide.
Quand les citoyens disent : « Ça ne sert à rien de suivre ces médias, ils ne disent rien d’important », alors la crise est déjà là. Un média public sans public n’est plus un service c’est une structure qui fonctionne sans remplir sa raison d’être.
Ce qui rend cette interpellation forte, c’est qu’elle vient d’un homme du métier. Ce n’est pas une attaque extérieure, c’est une inquiétude professionnelle. Celle de voir des médias publics perdre peu à peu leur utilité sociale.
Car au fond, la question n’est pas politique. Elle est professionnelle et citoyenne. Les médias d’État sont-ils là pour éviter les débats ou pour les encadrer intelligemment ? Refuser d’aborder ce débat, c’est déjà y répondre.
Et peut-être, comme le suggère la formule choc, accepter que si un média public ne veut plus informer, expliquer et éclairer… alors il ne lui reste plus qu’à diffuser des communiqués dans le vide.
La réflexion est désormais posée. Reste à savoir si elle ouvrira un véritable débat sur l’avenir et la mission des médias d’État au Togo.




Belle réflexion…